La candidature "France-Allemagne-Italie-Croatie" se saborde
© afp
A quatre jours du vote, la France, l'Allemagne, l'Italie et la Croatie ont décidé d'une seule voix de retirer leur candidature commune à l'Euro 2015 messieurs de basket, écoeurés par la façon de de faire de la Fédération européenne, pour laisser l'Ukraine seule en lice.
Annoncée comme le grand favori du verdict dimanche, la candidature à quatre s'est autodétruite pour dénoncer la surenchère à laquelle se livre, selon elle, une FibaEurope uniquement préoccupée par l'appât du gain.
Interrogée par l'AFP, la Fédération européenne n'a souhaité faire "aucun commentaire" mais a souligné que le vote allait avoir lieu comme prévu dimanche, ouvrant la voie à un quatrième Euro consécutif dans un pays de l'Est après la Pologne en 2009, la Lituanie en 2011 et la Slovénie en 2013.
Pour le président de la Fédération française Jean-Pierre Siutat, la FibaEurope court "à la catastrophe si elle ne change pas de fusil d'épaule".
"Il faut ramener le basket dans les grandes salles et les grandes villes. Pourquoi faire de l'argent si c'est pour ne pas se développer?", s'est-il interrogé, fustigeant les "intérêts financiers à très court terme" de la FibaEurope.
Alors qu'un communiqué des quatre fédérations faisait état des "immenses doutes concernant le professionnalisme et le manque de confiance dans le processus d'étude de la candidature", M. Siutat détaille comment la voracité de la FibaEurope a fait capoter le projet qu'il accompagnait.
"On vient d'apprendre qu'on allait être pris mais qu'il fallait dépenser dans l'heure qui suit la désignation huit millions d'euros. C'est impossible pour nous. FibaEurope veut aussi un contrôle total sur le cahier des charges. Si elle décide de porter l'Euro de 24 à 32 équipes on n'a pas notre mot à dire."
"On ne veut pas ajouter des dépenses inconsidérées sans en avoir la maîtrise. On est quatre à considérer que là c'est trop. Il y a une crise économique qui existe, on ne peut pas faire n'importe quoi", ajoute M. Siutat. D'où le retrait d'une candidature qui avait pourtant le vent en poupe. D'abord porté par la France et l'Allemagne, le dossier avait été élargi à quatre pays pour mieux supporter un budget estimé "entre 35 et 40 millions d'euros".
Les quatre pays devaient héberger chacun un groupe du premier tour. Le deuxième tour devait avoir lieu pour moitié en Allemagne et pour moitié en France qui devait accueillir ensuite toute la phase finale dans un Paris-Bercy rénové.
"C'était une ouverture sur un nouveau modèle d'organisation et on avait l'appui de nos gouvernements", a souligné le président de la FFBB qui n'a vu arriver que tardivement la candidature de l'Ukraine qu'il accuse à demi-mots d'avoir surtout servi à faire monter les enchères. "Est-ce que l'Ukraine est une candidature alibi? C'est aujourd'hui le problème de la FibaEurope, a dit M. Siutat.
"On est persuadés qu'on est les seuls à avoir déposé un vrai dossier en temps et en heure. Je n'ai rien contre l'Ukraine mais ils ont déposé leur dossier fini septembre voire début octobre à la limite du cahier des charges. On a posé des questions sur la transparence à la FibaEurope, on n'a jamais eu de retour."
Pour se consoler, M. Siutat a indiqué que la France et l'Allemagne réfléchissaient à une candidature commune pour organiser le Mondial 2018. (afp/chds)