gp de valencia cheste (Espagne)
A 170 km/h, sans freins!
Image © Keystone
Quelques minutes après sa chute spectaculaire, Dominique Aegerter est rentré dans son box où il se fait consoler par son coach, Frédéric Corminboeuf.
Dominique Aegerter a connu la peur de sa vie. Pour éviter le pire, il a sauté de sa moto en marche! Le coup de la panne pour Lüthi.
Jean-Claude Schertenleib - le 26 octobre 2008, 22h17
Le Matin
Il a sauvé sa blonde tignasse, qu'il a promis de couper à son premier podium. Anecdote... Car, hier en fin de matinée, il a surtout sauvé sa vie, Dominique Aegerter, en décidant de sauter en marche de sa Derbi juste avant la catastrophe: «A la fin du deuxième tour, quand j'ai voulu attaquer mon freinage à l'entrée de la ligne droite, il ne s'est rien passé. Je me suis retrouvé sans freins, à 170 km/h. Et je n'avais pas le choix: j'ai visé le bac à sable à l'extérieur du virage, j'ai réussi avec les pieds à tourner ma moto pour la ralentir; je devais encore être à 80 km/h quand j'ai décidé de sauter en marche, car le mur arrivait très vite face à moi.
Dominique a connu la peur de sa vie. Il a même pleuré quand, après avoir relevé sa moto pour la ramener à son stand, il a compris qu'il ne pourrait pas reprendre la course. Que s'est-il passé? Une erreur humaine, une vis mal assurée, le liquide de frein qui s'échappe. Et la suite? Un véritable miracle.
TOM: COURT-CIRCUIT!
Il voulait tant terminer sa saison sur une note positive, pour oublier les moments difficiles. Las, la poisse attendait une fois encore Thomas Lüthi (photo) au virage. Et ce n'est pas seulement une image: «En entamant le deuxième tour, mon moteur s'est arrêté! J'ai levé le bras pour signifier le problème à mes adversaires, puis j'ai réussi à relancer la machine. Avec, bien sûr, des doutes: était-ce une amorce de casse mécanique? Impossible de le savoir. Alors, j'ai fait les cinq tours suivants avec la main en permanence sur le levier d'embrayage, pour pouvoir réagir à la moindre alerte. Comme tout semblait alors normal, j'ai pu augmenter mon rythme, mais il était trop tard pour faire mieux que dixième», raconte Tom. Que s'est-il passé? «Il manque très exactement sept secondes de ma course dans les relevés de télémétrie; pendant ces sept secondes, c'est comme si ma moto avait cessé de vivre.»
Un miracle pour Dominique Aegerter, un court-circuit pour Tom. Adieu 2008, on ne te regrettera pas!