GP D'ESPAGNE JEREZ DE LA FRONTERA
Thomas Lüthi: la chute, ce remède idéal...

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Parti à la faute samedi à plus de 180 km/h, Thomas Lüthi a réalisé hier une course remarquable. Malgré un nouveau premier tour trop timide, le Bernois s'est fait l'auteur d'un finish époustouflant pour souffler la cinquième place à Pasini
Daniel-M. Epp, le patron de Thomas Lüthi, est persuadé que la chute de samedi matin... a fait du bien à son pilote. Hier, Tom est revenu de la treizième à la cinquième place
Jean-Claude Schertenleib - le 03 mai 2009
Le Matin
Détrompez-vous, Daniel-M. Epp, le manager de Thomas Lüthi, n'est pas un sadique. Et pourtant... «La chute de Tom, samedi, a été un moment-clé de la saison. Une chute à haute vitesse, qui fait bien mal... mais dont le pilote se relève sans être blessé: parfait! C'était très important que Tom puisse revivre un instant pareil, pour oublier définitivement ce qui s'était passé à Indianapolis (le plus grave accident de sa carrière) l'an dernier. Là, il a poursuivi ses essais et, aujourd'hui, il a fait une course solide: c'est bon signe.» Dans l'entourage de l'ancien champion du monde 125 cm3, on préconise donc les thérapies coups de poing. «Tom n'a pas besoin que l'on engage un psy, il sait très bien qu'il peut se débarrasser tout seul de ce blocage qui l'empêche encore d'aller chercher le dernier dixième en qualifications et qui l'a fait rater, cette saison, les premiers tours des trois GP qu'il a disputés», ajoute le patron.
Le boss s'est caché
Hier, dans la fournaise de Jerez de la Frontera, Tom a encore connu un début de course difficile: «Pas le départ à proprement parler, mais le premier virage, les premiers frottements. Ensuite, quand j'ai eu la piste vide devant moi, je me suis régalé», raconte Lüthi. Dont la remontée l'a mené jusqu'au cinquième rang de la course - il bat Pasini sur la ligne, pour 4 millièmes - et à la quatrième place du championnat. De quoi rendre le sourire à son patron? «Quand j'ai vu qu'il était treizième à la fin du premier tour, j'ai quitté le stand pour aller suivre la course dans mon bureau, dans le camion de direction du team.»
Qu'a-t-il vu? Un pilote qui a roulé pendant les deux tiers de la course sur un rythme qui lui aurait permis de se battre pour la victoire. Qui s'est frotté avec le Français Jules Cluzel. Et qui est persuadé que le jour est proche où... «Il ne me manque plus que de toutes petites choses», avoue Lüthi. Qui a toujours dit, cet hiver, qu'il lui faudrait trois courses complètes avant qu'il ne retrouve toute sa vélocité. Cela tombe bien: la troisième course de la saison, c'était hier, à Jerez de la Frontera.