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Re : Nouvelles de Luthi
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Par défaut Re : Nouvelles de Luthi - 14/05/2011, 06h26

Motocyclisme

L’homme qui tombe souvent mal


Image © Keystone
Quand il chute, Tom Lüthi cherche d’abord à en comprendre les raisons.

Victime d’une chute hier, Tom Lüthi n’aime pas être pris pour ce qu’il n’est pas. Mais les images de plusieurs de ses accidents ont fait le tour du monde.
Jean-Claude Schertenleib - le 13 mai 2011, 23h00
Le Matin


Comment faire sortir Thomas Lüthi du calme apparent qui l’habite depuis le début de la saison, en une seule question: «Alors, Tom, trois chutes au Portugal – une aux essais, une en course, une ultime lors des tests privés la semaine suivante –, une de plus ce matin: vous retombez dans vos travers?» Son regard change alors en un éclair: «Quoi? Moi, un pilote qui tombe beaucoup? Mais ce n’est tout simplement pas vrai.»
Le Bernois sait que, dans son métier, l’accident est l’expression la plus directe de la limite atteinte. «Un pilote qui ne tombe pas ne sera jamais un grand champion», expliquait d’ailleurs il y a quelques années un docteur ès gamelles, le Français Christian Sarron.
Le mauvais endroit
Doit-on donc se faire mal avant de gagner? «Prenons l’exemple de notre catégorie actuelle, reprend Lüthi. Si on n’attaque pas du premier au dernier virage, on se retrouve au mieux quinzième. Bien sûr, il n’est jamais agréable de tomber, mais, si l’on parvient à analyser l’erreur, que l’on comprenne ce qui s’est passé, on peut retirer beaucoup de choses positives d’une chute.» Et les cicatrices qui se multiplient, les chocs qu’il faut digérer? «Cela n’influence pas mon psychisme. Pour autant, comme je viens de le dire, que je comprenne le pourquoi de l’accident.»
Les chiffres le prouvent: depuis le début de sa carrière en GP, Thomas Lüthi ne tombe pas plus – au contraire – que ses principaux adversaires. Alors, pourquoi traîne-t-il cette image de pilote irrégulier? Certainement parce que, le sport motocycliste étant fortement médiatisé dans notre pays, les images de ses plus spectaculaires accidents ont fait le tour des écrans et des gazettes. «Peut-être que je tombe chaque fois au mauvais endroit, là où se trouvent les photographes et les caméras», rigole Lüthi.
Si sa popularité est née le 15 juin 2003 sur le circuit Catalunya – ce jour-là, le jeune Suisse termine deuxième, à 137 millièmes de Daniel Pedrosa –, c’est bien deux mois plus tard qu’elle a été boostée: sur le circuit de Brno, Pablo Nieto est tombé juste devant lui et la moto de l’Espagnol a servi de tremplin à celle du jeune Suisse, projeté à plusieurs mètres de hauteur. Il s’en sortira avec une fracture du bassin. Mais pour le grand public il est déjà un miraculé.
Il y en aura d’autres, dont celle du GP du Japon 2005, l’année de son titre mondial. A Motegi, il tombe violemment en accélérant dans le dernier virage du circuit, celui qui mène sur la ligne droite. A terre, il n’a pas le temps de réagir: l’Espagnol Sergio Gadea est déjà sur ses jambes, c’est lui qui s’envole, les débris des deux motos se mélangent pendant que l’on voit une forme, à quatre pattes, qui tente de s’éloigner de ce qui s’est transformé en un champ de bataille. La course sera arrêtée au drapeau rouge, le classement établi au tour précédent l’interruption. Thomas Lüthi est au centre hospitalier du circuit alors qu’on l’attend sur la deuxième marche du podium. Les images, là aussi, font le tour du monde. Son histoire est en marche.
Une semaine plus tard, ses deux chevilles couvertes d’hématomes, il gagne en Malaisie. Tom, le tombeur, vient encore de frapper. Il ne devine pas encore que son image est à jamais marquée par les accidents.


mange un castor tu sauves un arbre
   
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